Partager l'article ! L'Asie du Sud-Est, drôle de transition entre l'Australie et la France: - Naëlle - Aller hop, vite un « p'tit&n ...
- Naëlle -
Aller hop, vite un « p'tit » texte en direct de Bangkok où je suis arrivée vendredi soir, dans un état de fatigue assez avancé!
Il y a un peu plus de deux semaines, nous quittions Perth et l'Australie avec Isabelle. Direction Denpasar, la capitale de Bali. Arrivées à minuit passé, nous sommes parties en taxi vers Kuta, là où il y a une multitude d'hébergements. Et dès les premières minutes, nous avons dû exercer nos talents de négociatrices pour ne pas nous faire (trop) arnaquer.
Shorts et tongues, le retour
Vers 2 h du matin, nous avions enfin un hôtel, dans la ville toujours très agitée de Kuta. De Perth à Bali, nous avions aussi gagné de nombreux degrés, et nous avons pu, à nouveau, remettre nos pantalons au fond de nos sacs. Le lendemain, nous avons déjà quitté la ville, direction Ubud, au centre de l'île.
C'est là que nous avons loué notre premier scooter, et qu'Isabelle s'est rodée (très vite) à la conduite à la Balinaise... Nous avons alors roulé jusqu'au volcan de Gunung Agung en nous perdant de temps en temps dans de petits villages, au milieu de magnifiques rizières.
Le lendemain, nous sommes restées dans notre charmant hôtel d'Ubud (on n'était plus habituées à tant de luxe, après les douches à l'eau froide ou au seau et les nuits passées en tente – exceptée la parenthèse du bateau!), direction le sanctuaire de Monkey Forest, où d'innombrables macaques se baladent, se battent et se cherchent les poux au milieu de temples.
Le charme du scooter sous la pluie
Ensuite, quoi d'autre... tout se mélange déjà à force de trop bouger! Ah oui, nous sommes parties en bus vers la côte, dans la petite ville balnéaire et très sympa de Paddangbay. Là encore, l'idéal était de louer un scooter, pour explorer les environs, et notamment faire le tour d'une montagne via des petites (voire très petites) routes qui longent la mer, en passant dans de minuscules villages.
Manque de chance, comme tous les soirs pendant que nous étions à Bali, il s'est mis à pleuvoir... et rouler en scooter sous la pluie battante, en passant dans les flaques, ce n'est pas ce qu'on fait de plus agréable... heureusement, une bonne douche froide nous attendait en rentrant! Mais bon, on s'est consolées avec les très bons plats locaux pour quasi rien. Nouvelle journée, et nouveaux temples. Ceux de Pura Besakih cette fois, un très beau complexe constitué de 23 temples.
Malheureusement, comme presque partout à Bali, pour accéder à toutes les parties des temples, il faut payer des guides. Et, sans cesse, on vous demande d'acheter ci, ou ça, ou de monter sur tel scooter ou dans tel taxi. Usant à la longue!
En route pour Java
Ensuite, retour à Denpasar, dans un quartier très très busy. C'est là que je devais prendre mon bus pour quitter Bali, direction l'île de Java, à l'Ouest. Isabelle, quant à elle, optait pour Singapour, et la Malaisie. J'ai donc quitté Denpasar vers 19 h le lundi, dans un beau bus de luxe, avec la clim et tout! Très bien, sauf que bien sûr impossible de dormir, pour cause de coups de frein réguliers et brusques du chauffeur lors de dépassements dignes d'un pilote sur un circuit de Formule 1.
Vers 2 h du matin, je suis arrivée à Probolinggo. Le bus m'a déposée devant une agence qui organisait des tours pour monter au volcan qui était en fait la raison principale pour laquelle je voulais venir sur l'île de Java. J'ai donc signé, et je me suis retrouvée à jouer aux cartes avec deux Allemandes et un groupe d'Indonésiens jusqu'à 3h30 du matin.
C'est à ce moment qu'un mini bus très typique et très déglingué est venu nous chercher, pour nous emmener dans le village au pied du volcan. Sur le trajet, nous sommes passées devant de nombreuses mosquées, avec l'appel des muezzins en continu dans les haut-parleurs.
A cette heure, on aurait dit que toute la ville était déjà réveillée. Moi je n'avais pas encore dormi, mais l'impatience de voir ce fameux volcan me tenait éveillée. Alors que nous étions toujours dans le bus, les premières lueurs du jour sont apparues. Or, nous devions arriver en haut juste pour le lever du soleil. Le chauffeur est alors passé à la vitesse supérieure, et tout le monde s'est accroché à son siège!
Majestueux Bromo
Vers 4 h 30, nous sommes descendues du bus, et avons marché. Pas après pas, la vue devenait de plus en plus belle. Et arrivées en haut, c'était tout simplement à couper le souffle. Peut-être le plus beau paysage que j'avais jamais vu. Avec le Mont Amos, dans le Freycinet National park en Tasmanie, quand même!
En face de nous, le volcan (qui culmine à 2 392 m d'altitude), toujours en activité, crachait sa fumée, et les sommets des montagnes et autres volcans environnants émergeaient tout juste d'un tapis de nuages. La lumière, du rose, est passée au jaune, et peu à peu les nuages se sont propagés, nous laissant devant l'étendue désertique de la caldéira du Trengger. Un vrai paysage lunaire (voir les photos de l'album « Indonésie »)!
On m'avait dit que ce volcan était superbe, mais j'étais loin de m'attendre à ça! Nous sommes ensuite redescendues marcher dans la plaine, pour monter ensuite voir les volutes de fumées qui s'échappaient du cratère de 800 m de diamètre. Vers 9 h 30, après toute cette marche (et toutes ces marches), nous avons rejoint le mini bus, pour redescendre en ville. A midi, je pouvais enfin dormir!
L'art de manger avec les mains
Le soir, des Indonésiens qui travaillaient à l'hôtel m'ont invité à venir dans leur famille prendre l'apéro (de l'arak fait maison...). Puis nous sommes allés dans un mini resto dans la rue où on s'asseoit sur un tapis. Et là, j'ai fait semblant de maîtriser de longue date la technique du « manger du poulet grillé et du riz avec les doigts ». Bon apparemment ça allait, j'en ai pas trop mis partout.
Le lendemain, c'était déjà l'heure de quitter Probolinggo... malheureusement, vu que j'avais pris mon billet d'avion pour quitter l'Indonésie à la dernière minute, à Perth (il faut obligatoirement avoir un billet de sortie du territoire quand on entre en Indonésie), je m'étais dit : tiens, pourquoi ne pas prendre le retour à partir de Jakarta... bonne idée!
J'avais ainsi seuement quatre jours, en comptant le temps passé à Probolinggo, pour cette traversée. Je n'ai donc pas pu aller voir un autre volcan magnifique aussi paraît-il (et très demandé par les Français en ce moment, m'a expliqué le guide, puisqu'il y a eu un reportage télé dessus récemment).
Ce sera donc pour une prochaine fois, parce que, c'est sûr, je reviendrais en Indonésie avec un peu plus de temps à Java, et aussi pour visiter l'île de Sumatra.
25 heures de bus et deux pannes plus tard...
Le lendemain matin, à 11 h, je suis donc partie en bus. Je voulais prendre le train, mais apparemment ils étaient tous bondés, pour cause de retour de Lebaran. A la fin du Ramadan (88 % des Indonésiens sont musulmans. Et sur un pays de 260 millions d'habitants, ça fait du monde !), de très nombreux Indonésiens fêtent le Lebaran dans leur ville ou village d'origine.
Et c'est là qu'a débuté le voyage le plus éprouvant de ma vie. Malheureusement, le bus était aussi plein à craqué. J'ai donc fini sur un siège de deux personnes, où on était entassés à trois... Mais là, ce n'était que le début, donc ça allait encore. Vers 19 h, ça commençait déjà à être bien long, lorsque le bus s'est arrêté, au beau milieu de nulle part (j'ai cru revivre les galères de van). Au début, personne n'a trop compris ce qu'il se passait, et moi encore moins (bien sûr, personne ne parlait anglais, et mon indonésien étant à peu près limité au mot « étoile »- bintang, le nom de la bière locale, je n'allais pas aller très loin).
En fait, on était tombé en panne : le levier de vitesse venait de lâcher (tiens tiens, comme le van. En tant que spécialiste forcée de mécanique et de pannes en tous genres, j'aurais peut-être pu les aider!). Tout le monde est donc descendu... et personne n'a exprimé la moindre impatience. Impressionnant!
Une petite demi-heure plus tard, un autre bus de la même compagnie s'est arrêté. Il était plein, mais pas grave, la moitié de notre bus est montée dedans, et moi aussi (ça c'est sympa). Sauf que bien sûr il n'y avait plus de places. On m'a donc fait m'asseoir sur mon sac, collée au pare-brise, avec une vue panoramique sur la route... ce qui n'est pas la meilleure vue dont on puisse rêver, vue la conduite locale.
Le chauffeur avait du temps à rattraper, je n'avais plus qu'à m'accrocher à mon sac. Sa technique : rouler sur la partie droite de la route pour doubler (ici, normalement, on roule à gauche), jusqu'à ce qu'une voiture arrive en face. Qu'il y ait des virages ou pas, c'est pareil. Et si c'était un scooter, il n'avait qu'à se ranger sur la chaussée! Mais bizarrement, cette conduite semble tellement maîtrisée que j'ai rarement eu peur. Ce n'est pas pour autant que j'ai réussi à dormir!
Puis deuxième arrêt. Panne de batterie, cette fois (le retour du van, encore). Arrrrrrrgh!
Après quelques bricolages et plusieurs heures de retard, le chauffeur a réussi à nous emmener au ralenti jusqu'à la gare routière de Cerebon, la ville où je devais changer de bus. Il était déjà presque 7 h du matin.
Saturation totale
Et arrivée là, c'était encore un joyeux bordel! Il fallait que je trouve un bus pour m'emmener jusqu'à Jakarta, et le plus rapidement possible, parce que j'étais proche de la saturation! Heureusement (quoique!), un des passagers du bus est venu me montrer celui qui allait à Jakarta. « Very cheap », m'a-t-il annoncé, tout content.
C'est vrai, ça revenait à tout juste un peu plus de 3 euros pour environ 300 km. Mais alors niveau confort, on était tombé au plus bas. Comme il était 7 h du matin et que c'était ma deuxième nuit blanche en trois jours, je me suis dit qu'il était grand temps que je tente de dormir. Et c'est là que le chauffeur a eu la bonne idée de mettre de la techno indonésienne à plein volume... sous oublier le bruit du moteur, du klaxon, et de la rue. Puisque pour cause d'abscence de clim, la seule solution pour respirer était de laisser toutes les portes ouvertes. Tant mieux finalement, parce que dans ce bus tout le monde fumait!
Autre surprise : ce n'était pas un bus express. On s'est donc arrêté dans tous les villages de la région. C'était, comment dire... dépaysant! J'avais même une voisine très sympa. Enfin elle en avait tout l'air, vu que je ne comprenais pas ce qu'elle me disait mais qu'elle me racontait quand même sa vie en Indonésien. J'aurais juste juste pu placé le mot « bintang » une ou deux fois, histoire de, mais ça aurait sûrement paru un peu bizarre. Elle m'a fait goûter à toutes sortes de fruits qu'elle avait dans son sac, dont de la mangue au piment, franchement pas mal du tout!
Dès que le bus passait dans un village, le co-pilote sortait la tête et hurlait, le chauffeur freinait, et ceux qui voulait monter sautaient à bord. Des vendeurs ambulants montaient aussi régulièrement, pour proposer à boire, ou des fruits, ou même des noodles. Et redescendaient ensuite, toujours sans que le bus ne s'arrête (mais heureusement, sinon je crois que j'y serais encore!). 25 heures plus tard, je suis enfin arrivée à Jakarta, avec les jambes très bizarrement enflées puisque je n'avais pas assez marché. La classe!
Je crois que je me rappellerais très longtemps de ce voyage. Après avoir enfin pu dormir, j'en garde finalement un souvenir très amusant... peut être aussi parce que je faisais partie des chanceuses qui avaient une place assise, parce que certains ont passé les six heures de trajet debout dans le dernier bus, en tentant de ne pas tomber lors d'un de coups de frein brusques du chauffeur. Je ne sais même pas comment c'est possible, mais il y en avait qui dormaient comme ça, debout. Là, ça aurait été un peu trop pour moi.
Et c'est là que je suis donc arrivée dans ce nuage de pollution qu'est Jakarta, pour un peu de repos bien mérité. Je m'était dégoté une sorte de backpacker à l'Australienne, dans une tour immense au milieu des centres commerciaux super modernes de Jakarta.
Au port de Jakarta...
Le lendemain, histoire de voir un peu la ville, je suis partie sur le port. Là, j'ai trouvé un super guide qui parlait très bien anglais et connaissait le quartier comme sa poche. Il m'a emmené sur les bateaux en bois (qui partent sans assurance, tout comme les employés. Si ça coule, tant pis!). De vraies épaves qui flottent sur une eau ultra polluée.
Les cales de la plupart de ces bateaux sont remplies de sacs de ciment de 50 kg. Pour les monter à bord, les employés transportent les sacs sur leur tête toute la journée, et font ainsi des va et vient incessants dans des nuages de poussière. La plupart des bateaux partent ensuite vers l'île de Sumatra.
La mer autour, avec ses couches d'huile, ne donne pas la moindre envie de se baigner. Pourtant, ça fait office de piscine municipale pour les enfants du quartier. Nous sommes ensuite montés sur une petite barque pour passer entre les gros bateaux et atteindre l'autre côté de la rive. Là où, selon les dernières estimations, 10 000 personnes vivent entassées dans de minuscules baraques en taule.
Ce sont les maisons des pêcheurs, qui vivent ici dans la plus grande pauvreté. Et quand l'eau monte un peu trop (ce qui arrive fréquemment), c'est tout le quartier qui est inondé.
Marché aux poissons ou marché aux odeurs
Au milieu de toutes ces baraques trône le marché aux poissons. Tous les matins, les pêcheurs viennent vendre leur pêche dans ce bâtiment qui date de l'époque où l'Indonésie était une colonie hollandaise. A l'intérieur, même si le marché était fini, l'odeur était insupportable.
Nous sommes ensuite passés dans le Chinatown, puis dans le vieux quartier hollandais, avec de beaux monuments aujourd'hui restaurés et protégés depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel président. Au milieu du quartier, les Hollandais avaient même creuvé un canal, sauf qu'à la différence d'Amsterdam, le long des rives ce ne sont pas les vélos qui fourmillent mais bien les scooters, comme partout en Indonésie.
396 jours plus tard...
Voilà, ça c'était l'Indonésie. A Jakarta, j'ai ensuite pris l'avion pour passer quelques jours à Bangkok. Puis direction Hanoï, au Vietnam. Complètement différent, ici il n'y a plus aucun building, on dirait que ce n'est plus la même Asie.
Demain soir, je prends un train de nuit pour aller faire un trek de trois jours dans les montagnes et petits villages du nord du pays. Ensuite, je compte bien visiter la fameuse baie d'Halong.
Puis retour à Bangkok le 7 octobre, pour... surprise (même si tout le monde le sait déjà) attendre mon avion de retour au pays. Et ce sera la fin des vacances à durée indéterminée, puisque j'atterri à Paris le 13 octobre, après 396 jours de voyage!
A bientôt, donc!
Naëlle
PS : j'ai enfin pu mettre en ligne des albums photos qui traînaient, notamment l'album du festival aborigène Garma, l'album « Derniers road trips », l'album « Boat trip », et celui sur l'Indonésie. J'espère juste que la qualité ne sera pas trop mauvaise, car j'ai réduit au maximum le poids de sphoto pour que ce soit un peu plus rapide... Allez donc voir!
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